Il y a quelques semaines, lors d’un échange privé avec une ancienne ministre, une phrase m’a marquée.
Elle m’a dit : « Je sais que j’ai du pouvoir… mais je ne suis plus sûre de pourquoi je l’exerce. »
Ce n’était pas un aveu de faiblesse. C’était une lucidité rare.
Une autre, députée à l’Assemblée, m’a confié dans un souffle :
« On m’écoute. Je suis visible. Mais parfois, je ne me reconnais plus. »
Ce type de confession revient souvent dans mes accompagnements.
Des femmes brillantes, investies, méritantes.
Mais qui, à force de remplir des rôles, se sont éloignées de leur axe.
Et si ce malaise silencieux n’était pas une crise d’identité…
Mais un appel à réinterroger la mission ?
Derrière les apparences, le vide stratégique
Aujourd’hui, dans de nombreux pays africains, les élections législatives remettent en lumière la place des femmes en politique.
Le débat sur les quotas, sur le “bonus femme députée”, continue de diviser.
Mais au fond, le vrai enjeu est ailleurs :
Quelle place laissons-nous aux femmes pour incarner, et non simplement occuper ?
Car on peut très bien cocher toutes les cases… et se sentir vide.
On peut être ministre, maire, députée, élue “parité”… et sentir que l’image a pris le pas sur la vision.
Cela ne remet pas en cause la compétence. Ni la légitimité.
Mais cela interroge le sens.
Dans un monde où l’on pousse les femmes à “avoir un siège”,
je pose une autre question :
Et si la vraie victoire, c’était d’être à sa place ?
Quand le rôle prend le dessus sur la mission
Certaines femmes accèdent à des fonctions politiques sans réelle mission.
Elles y arrivent par stratégie, par alignement familial, ou par ambition personnelle, ce qui en soi n’est pas condamnable.
Mais ce qui devient préoccupant, c’est quand le pouvoir devient un refuge identitaire, et non un moyen de servir plus grand que soi.
L’une d’elles, lors d’une discussion confidentielle, m’a dit :
“Je ne suis pas toujours d’accord avec les décisions de mon parti. Je l’ai dit. Mais à un moment donné, on me fait comprendre : si tu ne les soutiens pas publiquement, tu ne seras plus sur la prochaine liste.”
Ce genre de témoignage n’est pas marginal.
Il illustre un système où la loyauté devient un piège, et où l’on se tait pour rester “positionnée”.
Mais alors, qui porte la mission ?
Quand la peur de perdre sa place dicte les prises de parole, quand le costume politique prend le dessus sur la conviction, le pouvoir devient vide. Et l’image, une coquille.
De la fonction à l’alignement
La mission, ce n’est pas une profession. Ce n’est pas une étiquette.
C’est un fil rouge.
Un centre.
Ce pour quoi vous êtes ici au-delà du rôle, du mandat, du titre.
Une femme qui incarne sa mission ne joue pas. Elle devient présence.
Elle n’a plus besoin de défendre sa place : elle en impose l’évidence.
Et tant que la mission n’est pas claire, on compense par la maîtrise.
Par l’agitation.
Par la performance.
Mais rien ne sonne juste.
Cet Article est une invitation
Aux femmes politiques.
Aux dirigeantes.
À celles qui sont visibles, suivies, écoutées… mais qui sentent qu’un ajustement est nécessaire.
La vraie stratégie d’influence commence par l’alignement.
On ne parle plus ici d’image. On parle de vibration intérieure.
On parle de cohérence silencieuse.
De cette force tranquille qui ne s’explique pas, mais se ressent dans une simple poignée de main, un regard posé, un mot choisi.
Incarner sa mission, ce n’est pas tout changer.
C’est se recentrer.
C’est se souvenir.
C’est se poser, dans un monde agité, et dire :
« Je suis là pour ça. »
Et à partir de là,
Tout se réaligne.
Tout prend sens.
Et tout s’élève.
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