Pourquoi Dior a choisi de mettre en lumière la céramiste kenyane Magdalene Odundo

Ce n’est pas un hasard si, pour sa première collection haute couture chez Dior, Jonathan Anderson a choisi de la présenter au milieu des sculptures de Magdalene Odundo. Jusqu’au 1er février 2026, au musée Rodin, l’exposition Grammaire des formes faisait dialoguer vêtements et céramiques. Mais derrière cette mise en scène, il y a le choix de placer le travail d’une artiste africaine au cœur d’un moment stratégique pour l’une des maisons les plus influentes de la mode…

Depuis près de cinquante ans, Magdalene Odundo construit une œuvre qui ne se laisse jamais enfermer dans une définition simple. Céramiste, sculptrice, héritière de traditions multiples, elle travaille presque exclusivement la forme, le volume et le rapport au corps. Ses pièces, souvent des vases, ne sont jamais utilitaires. Mais elles existent pour être regardées et ressenties.

Née en 1950 au Kenya, elle se forme d’abord au graphisme avant de poursuivre ses études en Angleterre, à Cambridge puis au Royal College of Art. Elle y développe une pratique fondée sur des techniques de poterie traditionnelles africaines. Comme le colombin, le polissage et des cuissons répétées. Ses œuvres ne sont jamais émaillées. Ainsi, leur surface lisse et brillante résulte uniquement du brunissage et de la cuisson. Avec toutefois une part d’incertitude laissée au feu.

Le corps, le point de rencontre

Si Dior s’intéresse aujourd’hui à l’œuvre de Magdalene Odundo, ce n’est pas uniquement pour des raisons esthétiques. Les sculptures de Magdalene Odundo sont liées au corps. Les formes sont galbées, tendues et parfois même déséquilibrées. Elles évoquent des silhouettes, des tailles marquées et des postures presque humaines. Cette réflexion sur le volume, la structure et l’enveloppe trouve un écho direct dans la première collection haute couture de Jonathan Anderson pour Dior. Elle aussi pensée comme une recherche sur la construction du vêtement.

Dans l’exposition, les pièces de couture et les céramiques partagent une même attention portée à la forme et à ce que le corps devient lorsqu’il est souligné.

Ce qui frappe dans cette exposition, c’est que le travail d’Odundo n’est pas utilisé comme un décor ou une référence éloignée. Ses sculptures sont présentées comme des œuvres autonomes, à égalité avec les vêtements. En d’autres termes, la maison Dior met en avant une artiste dont le travail dialogue naturellement avec celui d’un créateur de mode.

Une reconnaissance de longue date

Élevée au rang de Dame en 2020, Magdalene Odundo est aujourd’hui présente dans les collections de nombreux musées internationaux. En la plaçant au cœur de cette exposition, Dior fait plus que créer un dialogue entre art et mode. La maison reconnaît la force d’une œuvre qui s’est construite sur la durée.

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