Vodun Days 2026 : Quand Ouidah devient le cœur battant de l’Afrique spirituelle

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Du 8 au 10 janvier, la cité historique béninoise a vibré au rythme d’une célébration majestueuse où traditions ancestrales et modernité artistique se sont rencontrées.

Trois jours. 450 000 âmes. Une ferveur collective. Les Vodun Days 2026 viennent de refermer leurs portes, laissant dans leur sillage l’empreinte d’un rendez-vous désormais incontournable du calendrier culturel africain.

Sur les plages de Ouidah, à quelques pas de l’imposante Porte du Non-Retour, l’histoire et la mémoire ont dansé ensemble. Cette troisième édition a confirmé la montée en puissance spectaculaire d’un événement passé de 100 000 participants en 2024 à plus de 435 000 en 2025, un festival devenu, en moins de trois ans, un phénomène continental.

Une scène musicale à la hauteur de l’ambition

La soirée du 8 janvier restera gravée dans les mémoires. Sur la scène installée face à l’océan, Angélique Kidjo, icône béninoise aux multiples Grammy Awards, a ouvert le bal d’un plateau exceptionnel. À ses côtés : Davido, roi de l’Afrobeats nigérian, Ciara venue des États-Unis, Meiway représentant la Côte d’Ivoire, Angélique Kidjo et les légendaires Kassav’ dont le zouk a fait vibrer la plage jusqu’à l’aube.

Les talents locaux, Axel Merryl, Vano Baby, Toofan, ont rappelé que la nouvelle génération africaine n’a rien à envier à ses aînés.

Kondokpo : quand l’hospitalité devient art

En marge des festivités, c’est au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa que s’est écrit un autre chapitre de ces Vodun Days. Ciara, invitée d’honneur, a pris place chez L’Ami, la brasserie chic signée par la cheffe étoilée Georgiana Viou, première femme noire à décrocher une étoile Michelin en France pour son restaurant Rouge, à Nîmes.

Pour l’occasion, un concept inédit a vu le jour : Kondokpo. Pensé comme un pont entre le Bénin et Bahia, ce projet réunit la cuisine de Georgiana Viou et la plume de Camille Aumont Carnel, fondatrice du média Je m’en bats le clito et host de La Table de Camille. Ensemble, elles proposent une nouvelle manière de penser l’hospitalité, non plus comme un service, mais comme une pratique réellement incarnée, où chaque plat raconte une histoire, où chaque mot ouvre un dialogue.

Une expérience sensorielle qui prolonge l’esprit des Vodun Days : célébrer nos racines tout en inventant de nouvelles formes de partage.

Au-delà du spectacle, le sacré

Réduire les Vodun Days à un festival musical serait passer à côté de l’essentiel. De la forêt sacrée de Kpassè à la place Maro, les sorties de couvents ont offert aux visiteurs une immersion authentique dans cette spiritualité millénaire trop longtemps incomprise.

Les processions des masques Egungun, les danses des Zangbéto, gardiens traditionnels de la nuit et la Grande Cérémonie Vodun du 10 janvier ont rappelé que le vodun n’est pas un folklore exotique, mais un système philosophique complexe, profondément ancré dans l’équilibre entre le visible et l’invisible.

Le Président Patrice Talon lui-même, arrivé symboliquement en tricycle sous les acclamations de la foule, a souligné sa fierté de voir « le monde apprécier, à travers nos rites et nos danses, la richesse de notre tradition ancestrale ».

Le retour aux sources de la diaspora

Moment fort de cette édition : l’arrivée des membres du couvent Terreiros du Brésil, témoignage vivant du lien indéfectible entre le vodun béninois et le candomblé brésilien. Car c’est par les routes de l’esclavage que cette spiritualité a traversé l’Atlantique, pour se réinventer sur d’autres terres tout en préservant son essence.

Pour nombre de visiteurs afro-descendants, fouler le sable de Ouidah représentait bien plus qu’un voyage touristique : un pèlerinage vers leurs racines.

La tendance beauté des Vodun Days

Dans les allées du festival, un phénomène visuel a retenu l’attention : le face painting. Cauris, serpents stylisés, flammes, carte de l’Afrique ou inscriptions « Vodun Days », les visages sont devenus des toiles vivantes. Une tendance à suivre qui mêle art corporel, identité et célébration.

Un impact économique tangible

Au-delà de la fête, les retombées sont concrètes : 70 % des commerces de Ouidah ont enregistré une hausse moyenne de 26 % de leur chiffre d’affaires durant l’événement. La preuve que patrimoine culturel et développement économique peuvent avancer main dans la main.


Rendez-vous déjà pris pour janvier 2027. Car les Vodun Days ne sont plus seulement une fête béninoise, ils sont devenus un mouvement panafricain de réappropriation culturelle, une invitation lancée au monde à comprendre et ressentir la force d’une tradition ancestrale qui, décidément, transcende toutes les frontières.

Image de Frédérique Kragbé

Frédérique Kragbé

Storyteller visionnaire et CEO du ELLE Côte d’Ivoire, j’explore l’âme des récits pour magnifier la créativité africaine et révéler la puissance des femmes.

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